Couverture de Aurores intimes : Vers l’harmonie du cœur

Roman introspectif · Extrait offert

Aurores intimes : Vers l’harmonie du cœur

Nadine Boulot & Alain Boulot

Après un divorce difficile, Isabelle doit reconstruire non seulement sa vie, mais aussi le regard qu’elle porte sur elle-même.

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Prologue

Isabelle, une femme de la quarantaine, se tient devant le miroir de sa chambre, scrutant les lignes de son visage qui racontent une histoire, sa propre histoire. Elle sourit doucement, malgré le manque de confiance qui l'habite depuis son divorce difficile. Née dans la douceur des bords de Loire, Isabelle a grandi entourée de la tendresse de ses parents, des personnages aimants mais parfois trop protecteurs. Son enfance fut un tableau paisible, ponctué de jeux dans les vignes et de rires sous le soleil couchant. L'adolescence, cette période tumultueuse, l'a vue se transformer. Mais elle a aussi découvert les premiers émois, les regards échangés en secret, les mains qui se frôlent. Les premiers flirts, timides et maladroits, ont été des moments de découverte, des instants volés à l'innocence de l'enfance. Son mariage, célébré avec la candeur de la jeunesse, semblait être le début d'un conte de fées. Elle s'est donnée entièrement, construisant une vie à deux, rêvant d'un bonheur sans fin. Pourtant, avec le temps, les fissures sont apparues, et le conte s'est mué en une réalité plus sombre.

Chapitre 1

L’épreuve difficile

Isabelle se tient devant la salle de conférence, le cœur battant à tout rompre. Aujourd'hui, elle doit présenter les conclusions d'une réflexion sur l'investissement, mandatée par son supérieur qui a dû s'absenter. Elle n'a qu'à lire le texte préparé, mais l'angoisse l'étreint déjà. Elle se sent comme une imposture, une remplaçante de dernière minute qui ne saura pas être à la hauteur des attentes.

Les minutes précédant son intervention sont un tourbillon d'émotions. Elle répète mentalement son texte, mais les mots semblent s'échapper de sa mémoire. Son estomac est noué, ses mains tremblent légèrement. Elle se demande comment elle, qui manque tant de confiance en elle, peut réussir à captiver son auditoire, à transmettre les enjeux cruciaux de l'investissement avec la même conviction que son supérieur. Lorsqu'on annonce son nom, Isabelle se lève mécaniquement. Ses jambes paraissent peser des tonnes alors qu'elle avance vers le podium. Le regard de l'audience pèse sur elle, accentuant son sentiment de vulnérabilité. Elle ouvre son dossier, jette un coup d'œil au public, puis se lance dans une lecture rapide et robotique de son texte. Sa voix, qu'elle ne reconnaît pas, résonne dans la salle avec une vitesse et une monotonie qui la surprennent elle-même. Elle ne fait aucune pause, ne cherche pas le contact visuel avec son auditoire, se cramponnant à son texte comme à une bouée de sauvetage. Les mots défilent, mais elle a l'impression qu'ils ne portent pas, qu'ils ne touchent personne. Elle est là, mais en même temps si loin, enfermée dans sa bulle d'angoisse.