Couverture de Des feuilles pour unique linceul

Thriller policier · Extrait offert

Des feuilles pour unique linceul

Alain Boulot

Une affaire restée sans réponse. Une brigade sous tension. Une disparition qui refuse de s’effacer.

1 520 mots≈ 7 min4 pages de lecture
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Chapitre 1

La consigne du jour

Sa méthode originale pour attribuer un dossier à un officier de police judiciaire, qui surprend toute l’équipe des anciens, celle-ci consiste à faire plancher tout le monde sur un dossier complexe en cours, non élucidé, ensuite chacun devra expliquer ce qui lui paraît devoir être complété, approfondi, repris, élargi à d’autres axes d’investigation non explorés. Bien entendu, toute suggestion devra être développée et répondre à des critères de faisabilité et cette réflexion devra être proposée avec conviction lors d’un tête-à-tête à celui qui impose cette méthode. Cette méthode est critiquée, car tout ce qui vient de celui qui vient d’arriver fait l’objet d’un refus systématique de la part de cette équipe habituée à une autre manière de travailler plus classique. Avec l’ancien encadrement, c'était un peu à la tête du client, certains étaient cantonnés aux petites affaires, d’autres chanceux se voyaient attribuer les grosses affaires, médiatisées au maximum. L’équité n’était pas une qualité de leur ancien « Boss », et oui, celui qui avait une très mauvaise note s’agissant du taux d’enquêtes résolues, avait droit à ce qualificatif pourtant il ne semblait pas tant bosser que cela…

Vu l’enjeu de cet exercice personnel, chacun garde ses idées, alors que jusqu’à ce jour, ils mettaient tout en commun, ce changement de comportement n’est pas pour déplaire aux deux nouveaux, même s’ils se gardent bien de montrer leur approbation à ce challenge. Il se pourrait bien que cette manière de gérer l’équipe, finisse par porter ses fruits, en créant une compétition au sein de l’équipe. Certains ne semblent pas mesurer l’enjeu et prennent cela à la légère, en réfléchissant à haute voix, pour dissiper le reste des cerveaux qui planche individuellement sur le dossier de Clara Falcone.

Parce que c’est ce dossier sur lequel ils doivent donner leur avis, faire des suggestions, porter un regard personnel, et, comme l’espère le nouveau manager, révéler de nouveaux angles de points de vue. Tous ont la synthèse du dossier, l’âge de la petite, les circonstances de sa disparition, les indices, l’enquête de voisinage… Il y a même des dessins de la petite Clara, que certains « grands spécialistes » ont expertisés, pour en tirer des conclusions plus que douteuses ; « Le cheval au galop dessiné par Clara évoquait un désir inconscient d’espace, probablement qu’elle était à l’étroit dans son environnement familial, et qu’elle rêvait de partir… ». Cet expert conclut ; « Elle a sûrement saisi l’opportunité, même en suivant un inconnu… ». C'est la conclusion d’un de ces « Grand expert » spécialiste du psychisme des enfants soi-disant. La lecture de cette « expertise du siècle » a fait éclater de rire Martine quand elle a lu cette conclusion sur le profil psychologique de cette petite fille versé au dossier, évidemment, on peut facilement se laisser séduire par ces inepties et adhérer à cette thèse ; une petite fille qui aurait suivi de son plein gré un inconnu, car elle rêvait de quitter sa famille à neuf ans, en s’appuyant sur un de ses dessins évoquant un cheval qui galope…